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Rep6.gif (1584 octets)     Le 9 décembre 1905 fut votée en France la loi de Séparation des Églises et de l'État qui instaura dans notre pays la laïcité institutionnelle.

     L'article 2 de cette loi précise :

"L'État ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte."

     La République assure le libre exercice des cultes et oblige les clergés à devenir des associations comme les autres, avec les mêmes droits et les mêmes devoirs (article 18 de la loi).

     Ces associations cultuelles doivent subvenir par leurs propres moyens à leur fonctionnement. L'article 19 stipule : "

     "Elles ne pourront, sous quelque forme que ce soit, recevoir des subventions de l'État, des départements ou des communes. Ne sont pas considérés comme subventions les sommes allouées aux monuments classés pour réparations." Les monuments classés peuvent en effet être entretenus sur des fonds publics puisqu'ils ne sont pas considérés, en l'occurrence, comme des lieux de cultes mais comme des monuments historiques. Ils font partie du patrimoine national.

(Vous pouvez consulter le texte intégral de cette loi de Séparation des Églises et de l'État)

     La Libre Pensée estime que l'émancipation des personnes a ses meilleures chances dans un cadre laïque. Définissons les termes :

CLÉRICALISME

 

 bille1.gif (406 octets)      Il y a cléricalisme chaque fois qu'un groupe humain tend à protéger ses avantages en maintenant la population dans une forme de pensée qui l'aliène et en s'appuyant sur des institutions conservatoires.  Les pays dans lesquels les Églises détiennent un pouvoir politique, interviennent dans les institutions, siègent dans les parlements, imposent une loi religieuse, sont notoirement cléricaux mais les pays dont le régime est fondé sur une idéologie contraignante le sont aussi : nazisme et stalinisme étaient cléricaux bien que non religieux !

le clergé oppressif

 

LAÏCITÉ

 

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bille3.gif (406 octets)      Il y a laïcité quand les esprits et les institutions sont libérés du contrôle des clercs.
     Dans les pays laïques, il n'existe pas de religion d'État bénéficiant d'une position privilégiée. En France, toute opinion, toute croyance est protégée contre les ambitions hégémoniques de ses rivales par la laïcité institutionnelle, inscrite dans les textes, garantie par la loi.

     De nombreux pays (d'Europe, notamment) sont tolérants en matière de religion mais seul un petit nombre ont inscrit la laïcité dans leur Constitution (France, Portugal, Mexique...).

        La liberté de conscience exclut toute contrainte religieuse ou idéologique. L’égalité de droit est incompatible avec la valorisation privilégiée d’une croyance ou de l’athéisme. Il en découle deux systèmes inconciliables. En effet :

SOUS UN RÉGIME CLÉRICAL

SOUS UN RÉGIME LAÏQUE

     Le cléricalisme est une ambition temporelle de domination s’incarnant concrètement dans la captation de la puissance publique. Le clergé s'impose hors des limites d’une communauté de fidèles et prétend faire la loi pour d’autres. On assujettit les règles communes à celles d’une confession particulière.

     Quelques exemples : dans les pays où l'islam est religion d'État s'applique la loi coranique, même aux parties de la population qui appartiennent à une autre confession ou sont athées. Il existe dans la loi de certains pays de l'Union européenne des dispositions contre le blasphème (Italie, Grande-Bretagne...), or celui-ci n'attente pas au croyant, il ne raille que la croyance ! Il est une manifestation de la liberté de conscience et d'expression du blasphémateur.

     L’idéal laïque n’entre aucunement en contradiction avec les religions comme telles mais avec la volonté d’emprise de leurs clergés.

     La laïcité suppose une distinction de droit entre la vie privée de l’individu et sa dimension publique de citoyen : c’est en tant qu’homme privé, dans sa vie personnelle, que l’homme adopte une conviction spirituelle, religieuse ou non (qu’il peut bien sûr partager avec d’autres tant que l’expression des convictions et des confessions reste compatible avec le droit d’autrui).

     La laïcité, en éradiquant toute préférence confessionnelle de la sphère publique, assure aux religions une liberté et une égalité d’autant plus réelles que nulle d’entre elles ne peut dominer les autres. C'est une garantie d'impartialité.

 

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     Il découle de cela que le respect de la personne humaine, des idées, des croyances ou de l'absence de croyance ne peut être que le fait d'une puissance publique libre de toute allégeance, en mesure d’unir les hommes au-delà de leurs différences. Promouvoir par l’instruction l’exercice autonome du jugement est pour cela essentiel. Tel est le sens de l’idéal laïque.

     (Les réflexions exposées dans cette page sont largement empruntées aux livres d'Henri Pena-Ruiz, La laïcité. Editions Flammarion, collection Dominos et La laïcité pour l'égalité. Editions Mille et une nuits)

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     Henri Pena-Ruiz est aussi l'auteur d'un remarquable ouvrage consacré à la laïcité, Dieu et Marianne, PUF. Il y développe des considérations historiques qui firent de la laïcité le plus efficace outil d'émancipation et de lutte contre les emprises cléricales. L'analyse des rapports entre le droit et la laïcité permet de cerner les menaces qui pèsent actuellement sur la laïcité présentée par ses adversaires comme une option philosophique parmi d'autres, susceptible d'être renégociée (au profit d'intrusions cléricales, évidemment) pour faire place aux revendications identitaires, introduire dans l'enseignement public des programmes de nature confessionnelle, affaiblir l'idéal républicain en compromettant la liberté de conscience, l'égalité des citoyens et la visée de l'intérêt général qui en sont les trois axes fondamentaux.

 

     Les valeurs laïques sont universelles. Pas plus que les Droits de l'Homme ou la démocratie on ne peut restreindre la laïcité à une aire géographique ou à une époque définie. D'autres nations y aspirent, elle a ses partisans dans le monde entier. Un Arabe courageux, Fouad Zakariya, s'est fait l'avocat de la laïcité dont il affirme le caractère libérateur.
     Rejetant la prétention de l'Islam à régenter la vie civile et contestant "la pensée autoritaire médiévale" qui l'anime encore aujourd'hui et qui empêche l'évolution des sociétés musulmanes, il démontre que la séparation du politique et du religieux est la seule solution possible pour les pays arabes s'ils veulent échapper au sous-développement qui y sévit sous toutes ses formes : politique, culturelle, intellectuelle, scientifique...
     La laïcité est en effet un puissant moteur contre la stagnation entretenue par les religions. Elle est la condition de l'apparition de la démocratie sous son aspect le plus accompli ("Beaucoup de citoyens des pays arabo-musulmans, soumis de longue date à un régime autoritaire, ont pris l'habitude, si ce n'est le goût, d'obéir, et ont perdu leurs facultés critiques : rien ne prépare mieux que le pouvoir des bottes au pouvoir des turbans").

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     L'historien Jean-Paul Scot est l'auteur d'un ouvrage passionnant sur la loi du 9 décembre 1905 dont le titre cite la célèbre formule de Victor Hugo : "L'Etat chez lui, l'Eglise chez elle" : Comprendre la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat. Editions Points, collection Histoire.

 

    La laïcité ne concerne pas seulement les religions. Elle touche à d'autres domaines de la vie publique comme vous le découvrirez dans "Les valeurs laïques" mais depuis son institutionalisation, elle subit de la part des cléricaux des attaques incessantes, décrites dans "Les atteintes à la laïcité" :

 

 

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